mardi 25 août 2026

Sylvain Bersinger - Apprenons l'économie avec San-Antonio

Sylvain Bersinger 

Apprenons l'économie avec San-Antonio 

Ed. Marie B 


Sylvain Bersinger Apprenons l'économie avec San-Antonio Marie B
L'auteur, qui se présente comme "économiste et admirateur forcené de San-Antonio",  le dit lui-même : "prendre San-Antonio comme support pour présenter les bases de l'économie était, a priori, une idée aussi sotte que grenue". Et pour cause, dresser un pont entre ces deux sujets ne s'imposait pas comme une évidence. Sylvain Bersinger parviendra-t-il à rendre passionnant un domaine réputé pour son austérité ? C'est ce que nous allons voir. 

Au fil de ses récits, San-Antonio promène son lecteur dans tous les champs de l'économie et de la finance. Monnaie, devise, bourse, banque, fiscalité, tout y passe. Et, à chaque fois, à grand renfort de citations et d'extraits, l'économiste attrape la balle au bond afin "d'éclaircir un concept, clarifier une théorie ou dérouler une explication".

Sylvain Bersinger décortique ainsi les répliques cultes et les situations absurdes pour nous inciter à aller jusqu'au bout des raisonnements, nous révéler ce qui se cache derrière les façades financières et nous intéresser aux effets secondaires - ce qui évite soigneusement de passer à côté des choses essentielles. Mais ce qui frappe le plus, c'est sa capacité à lire entre les lignes et à s'interroger sur ce que l'absence de certains thèmes dit de leur époque :
"C'est un point intéressant de notre découverte de l'économie avec San-Antonio : nous apprenons des choses justement parce qu'il n'en parle pas dans ses livres. Il parle beaucoup d'inflation, problème récurrent des années 1960 et 1970, mais le fait qu'il ne s'attarde pas sur les inégalités nous informe donc que le sujet était moins brûlant à l'époque."
Les sujets que le romancier passe sous silence en disent long mais pas autant que ceux qu'il aborde. On y parle d'argent, de flics, de truands, et si Sylvain Bersinger ne manque pas d'esprit critique vis-à-vis des aventures du commissaire et de certaines remarques de son auteur, il se garde bien de tomber dans le discours moralisateur : libre à chacun de se faire son opinion sur la chose, l'idée est simplement d'apprendre l'économie. Et de ce point de vue, c'est un pari réussi pour Sylvain Bersinger, qui marie parfaitement la verve argotique à la rigueur de l'analyse économique - une leçon hautement savoureuse et singulièrement efficace qui relevait pourtant du numéro d'équilibriste !

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