San-Antonio
Ça ne s'invente pas
Ed. Fleuve Noir
Tout commence ce jour-là par le "grand concours inter-police de Passage à Tabac". Cette scène, hilarante et durant laquelle chacun à la maison poulaga y va de ses trouvailles personnelles pour faire parler un suspect, donne à San-Antonio l'occasion de se pencher sur le vaste sujet des violences policières. Bref, les confidences du malheureux qui fait les frais de cet interrogatoire musclé mettent le commissaire et Béru en route vers un match de hockey sur glace : ils viennent d'apprendre qu'un échange de drogue doit avoir lieu sur la patinoire, en marge de la rencontre entre l'équipe de France et celle d'Inde. Voilà nos héros partis pour la plus foldingue des aventures ! Et encore, ils ignorent alors qu'ils sont sur le point de s'envoler en direction de Khunsanghimpur, au pays de Gandhi...
À peine nos protagonistes sont-ils arrivés en Inde que l'auteur commence à vider son sac de clichés sur le pays. Citez-en un, n'importe lequel, il y figure. Vaches sacrées ou éléphants, Maharajahs, enturbannés ou fakirs, avaleurs de sabres ou joueurs de flûte dresseurs de serpents, tout y passe. C'est désopilant ! Car l'absence totale de complexes de l'auteur est doublée de cette voix unique, de ce débit mitraillette où l’argot se frotte à des images improbables, où chaque phrase semble vouloir dépasser la précédente en audace, en culot et en inventivité. Les métaphores et les calembours s’invitent à chaque coin de page, et on avance dans le livre comme dans une conversation avec un conteur survolté, volontiers grossier, mais toujours inspiré. Il y a cette forme de liberté jubilatoire : celle de ne jamais écrire comme il faudrait, mais toujours comme ça vient - et ça vient drôlement bien. Ainsi, guidé par son "septième sens" (oui oui), San-A mène cette enquête à sa manière, sans aucun respect du protocole littéraire ou romanesque, et ce jusqu'à une résolution qui tient autant du pied de nez que du dénouement policier. Disons-le clairement : de surprises en détours et de digressions en embardées, il se passe beaucoup de choses, mais pas forcément celles qu’on attend. Tant mieux, non ?
Et pour suivre l'avancée de ma lecture complète des aventures du commissaire San-Antonio, cliquez sur le sourire de l'auteur !


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