L'année 1978 marque une période de grande maturité pour la série, caractérisée par un rythme de publication soutenu et des titres au sommet de la truculence verbale et du calembour. La liberté de ton est totale ! Quant à l'intrigue policière, s'efface-t-elle complètement au profit de la farce pure, de l'érotisme absurde et de la satire sociale ? C'est ce que nous allons vérifier avec les quatre volumes ci-dessous :
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San-Antonio
Vol au-dessus d'un lit de cocu
Ed. Fleuve Noir
Arthur Rubinyol, le fameux pianiste, demande à San-Antonio d'identifier une femme dont il ne possède que la photo. En outre, le vieil homme craint d'être en danger et pense d'ailleurs qu'on le file. Ses craintes étaient bien fondées car on le retrouve mort peu de temps après. Et ce n'est que le premier décès d'une liste de victimes qu'il est difficile de relier entre elles...
"Comment un vieux virtuose célèbre, un industriel italien dans la force de l'âge, un jeune rabbin d'origine allemande et un banal employé de voirie français peuvent-ils se trouver unis sur la liste noire d'une organisation terroriste ?"
C'est en parcourant le globe, de France en Tunisie, d'Italie en Finlande, que San-A et ses complices finiront par comprendre le fin mot de l'histoire. Quant au lecteur, il a intérêt à suivre car le commissaire lui relate les évènements dans un ordre assez approximatif, se jouant de la chronologie comme de la langue française. Cette originalité de montage donne tout son intérêt à ce roman, par ailleurs toujours aussi déluré dans sa langue. Cette inventivité dans la forme et la construction rappelle au passage que l'auteur n'a pas fini de nous surprendre ! Une bonne manière de lutter contre l'engourdissement cérébral !
"Ah ! Faut faire gambiller ta matière grise dans ce polar, mon drôle ; à la manière que je t'y balade d'avant en arrière, tantôt précédant l'action, tantôt lui cavalant au prose."
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Après le récent fiasco relaté dans le roman précédent, San-A se retrouve limogé et écarté des hautes sphères. Celui qui, il y a peu, avait la réputation d'être le meilleur flic de France se retrouve relégué à un vague rôle de brigadier de province. De même pour Béru, qui le suit dans cette Bretagne reculée avec sa nièce et sa femme. Pinaud, lui, la mort dans l'âme, a été poussé à la retraite. Quant au Patron, on lui a indiqué la porte...
"Bérurier hoche la tête et résume la situation en puisant dans les formules lapidaires dont il semble posséder le secret et l'exclusivité :- Dans l'cul la balayette !"
Il va falloir que les choses rentrent dans l'ordre ! Mais avant cela, il va surtout falloir rappeler aux terroristes locaux à qui ils ont affaire. En effet, entre un marin assassiné et un phare plastiqué, rien ne va plus dans ce coin d'Armorique. L'auteur, qui ne se contente pas de "te fignoler une gentille chroniquette en forme de galette bretonne", bricole une intrigue tout à fait plaisante, agrémentée de ses figures de style personnelles et dans laquelle se promène sa jolie galerie de personnages, au grand complet et très en forme, bien décidée à redorer son blason !
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San-Antonio
Fais-moi des choses
Ed. Fleuve Noir
En visite à Paris, le professeur Morton, un fameux sexologue américain, rencontre Bérurier dans les toilettes d'un restaurant. Il s'y déroule une scène incroyable, comme on peut l'imaginer ! Impressionné par ce qu'il a l'occasion d'y voir et d'entendre, le savant expose peu de temps après son problème au Gros, entouré de ses acolytes : à Noblood-City, aux States, aucun délit n'est jamais commis. Jamais ! Mais, hasard ou coïncidence, plus personne n'y a d'activité sexuelle. Jamais non plus !
Voilà Béru recruté comme instructeur de coït et, accompagné de sa femme et assistante, Berthe, en route pour les Etats-Unis. San-Antonio est également du voyage, chargé par le Patron d'enquêter sur les raisons de cette absence totale de criminels. Il croisera toutefois le chemin de quelques personnes mal intentionnées. Forcément !
"Cher San-Antonio, me dis-je familièrement, te voici plongé dans l'un des plus formidables bains de merde de ta carrière."
Si l'histoire est honnête, le roman souffre de deux détails assez paradoxaux. Le premier est la relative absence de Béru, plus souvent absorbé par ses leçons de choses qu'impliqué dans l'intrigue. La seconde est justement l'excès de ces leçons. L'auteur se laisse aller durant des pages et des pages à décrire les démonstrations du couple Béruier devant un public ébahi... jusqu'à épuisement d'un lecteur pourtant préparé à la chose et demandeur de cette logorrhée imagées et bruyantes. Mais, parfois, trop de coït tue le coït.
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San-Antonio
Viens avec ton cierge
Ed. Fleuve Noir
Pour des raisons politiques évidente, Tiago Chiraco, le dictateur du San Bravo, doit être renversé. Et vite ! Bien entendu, c'est notre héros qui est envoyé dans ce petit pays d'Amérique Centrale, non pas pour agir directement mais pour, sous la fausse identité d'un entremetteur, introduire trois jeunes femmes blondes et étonnement identiques auprès de la cible. À elles de passer à l'acte ! Et pour parfaire la mise en scène, les trois femmes sont accompagnées de Berthe Bérurier, dans le rôle impayable d'une sorte de Madame Claude. Mais un premier problème se pose d'emblée : le dictateur semble préférer Berthe à celles chargées d'accomplir le forfait...
"je suis policier et non tueur à gages, c'est pas le même cierge qui coule."
Rapidement dans une situation très inconfortable, notre héros passera l'essentiel de ce roman à tenter de sauver sa peau ! L'auteur, lui, agrémente sa chasse à l'homme d'une démonstration de figures de style et déclenche même une avalanche de calembours, certains difficiles à comprendre de nos jours.
"On adresse des "Ohé" ! à la nef d'Hildegarde (Ça, c'est un calembour que plus grand monde peut piger. Quand on me rééditera, dans cinquante piges ou cent, faudra le couper, je demande au correcteur de cette future époque)."
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La réponse est claire : l'intrigue policière ne disparaît pas, certes, mais elle est clairement remisée au second plan. La farce pure, qui l'emporte définitivement sur le strict roman noir, est en revanche toujours et plus que jamais servie par une langue débridée !
Et pour suivre l'avancée de ma lecture complète des aventures du commissaire San-Antonio, cliquez sur le sourire de l'auteur !
















