Jean-Gaston Vandel
Diptyque des Vitaliens
Ed. Fleuve Noir
Allez, retour sur un diptyque grotesque qui prouve qu'un récit n'a pas plus besoin d'une queue que d'une tête pour être absolument addictif, à condition toutefois d'être prêt à troquer sa logique cartésienne contre un aller simple vers le grand n'importe quoi. Bienvenue dans l’univers délicieusement kitch et totalement décomplexé de romans qui commencent par la promesse de l'extinction humaine...
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1 - Fuite dans l'inconnu
La cilicose est une maladie qui touche de plus en plus de monde et qui tue tous ceux qui l'attrapent. Dox Gavnor, un savant brillant mais controversé, a une théorie : il est inutile de chercher un remède car, à l'image des dinosaures et des autres espèces disparues, l'humanité ne peut que s'éteindre. C'est une évolution logique. Mais grâce à ses "dispositions intellectuelles" et à sa "combativité d'esprit très exceptionnelle", le jeune scientifique a toutefois trouvé un moyen d'envisager la suite : il compte créer un nouveau modèle d'Hommes - différent des néo-biologiques, tous longs et maigres, le teint pâle, les cheveux blonds - qu'une toute petite taille et un physique concentré rendraient résistant à la maladie. Ce projet, qui a tout pour effrayer les autorités mais face auquel aucune alternative ne se présente, devient réel : les premiers Vitaliens voient le jour. Mais rapidement, du haut de leur trente centimètres, ces petits hommes décident de prendre possession de la planète...
Entre une apocalypse médicale farfelue et une fable évolutionniste délirante, autant dire que le scénario n'a peur d'aucun ridicule. Et pourtant, ça fonctionne. Alors que la logique s'effondre pour laisser place à un pur divertissement, on se laisse totalement embarquer par l'enthousiasme délicieusement absurde du savant, voire par l'audace de cette joyeuse divagation narrative. Bref, un plaisir coupable totalement assumé, qu'on a hâte de voir se prolonger dans le prochain épisode de cette folle épopée.
2 - Raid sur Delta
Deux siècles ont passé depuis les aventures de Dox Gavnor...
Harkel, un ancien pilote de la ligne Terre-Mars, a tout quitté pour s'installer avec sa famille dans "l'effroyable solitude d'un monde a peu près inconnu : Rhéa". Mais il reviendra riche de ce minuscule satellite de Saturne ! Très, très riche ! Du moins, c'était son plan. Mais c'était sans compter sur l'arrivée d'un groupe de malfaiteurs venus le dépouiller des ressources qu'il a extraites du sol de cette boule rocheuse perdue dans l'immensité de l'espace.
Partis avec leur butin à bord du Galax, les voleurs sautent dans le subespace et débarquent sur une planète inconnue.
"Un silence inconcevable régnait sur cette terre énigmatique. Pas un chant d'oiseau, pas un cri de bête, pas un murmure d'insecte, pas un bruissement de frondaison, rien."
Pas rien, finalement : les Vitaliens. Les petits hommes, après avoir laissé un antidote aux Terriens, ont quitté la planète bleue pour vivre en paix, loin. Mais voilà que leur tranquillité est interrompue...
On peut reprocher beaucoup de choses à cette suite mais pas celle de manquer de cohérence avec le premier volume : c'est toujours aussi ridicule, toujours aussi efficace - même si la crédibilité temporelle est à la peine face à des personnages du futur qui jurent encore à coup de "Crénom !". Cela dit, cette expression pourrait à elle seule résumer le livre : c'est délicieusement désuet.
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Dans son genre, de la première à la dernière ligne, cette série B est un sommet du loufoque littéraire. Les absurdités sont étourdissantes mais on en sort avec un sourire indécrottable aux lèvres. Sacrénom, que c'était mauvais bon !











