dimanche 2 août 2020

William Hope Hodgson - Les pirates fantômes

William Hope Hodgson  Les pirates fantômes nouvelles editions oswald

William Hope Hodgson 

Les pirates fantômes 

Ed. NéO 


Publié au début du vingtième siècle par un ancien marin, ce court roman pourrait sentir le vécu : les descriptions immersives, les expressions maritimes et le vocabulaire technique sont ceux d'un authentique matelot. Son récit vous plonge directement dans une ambiance confinée - directement, sans tourner autour du pot. Pour preuve, ainsi s'ouvre le livre :
"Il commença sans aucune circonlocution."
Le récit qui suit, rapporté à un interlocuteur dont on découvre l'identité en guise de chute, présente d'abord le navire, à bord duquel Jessop a embarqué à Frisco en qualité de matelot, et sa triste réputation : le Mortzestus serait hanté. Balivernes ! Non seulement ces histoires sont ineptes mais elles sont aussi ridicules que ceux qui les font courir. Pourtant, malgré un scepticisme profondément ancré, le narrateur est vite témoin de phénomènes bizarres et difficilement explicables. Le récit avance, les jours passent, un épais brouillard s'installe autour du bateau, des catastrophes se produisent et la tension monte.

Cette variation épurée et stylisée sur le thème du vaisseau fantôme suggère alors un effroi ténu et, distillant une forme subtile d'angoisse, provoque un délicat frisson...

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mercredi 29 juillet 2020

B.R. Bruss - Le mur de la lumière

B.R. Bruss Le mur de la lumière Ed. Fleuve Noir anticipation
B.R.
Bruss

Le mur de la lumière

Ed. Fleuve Noir


Une déflagration accompagne un engin qui franchit le mur du son. Mais que se produit-il lorsqu'il franchit celui de la lumière ? Personne ne le savait avant que Firy Groeg, pilote d'essai, n'en fasse l'expérience... et ne revienne jamais. Du moins... pas tout de suite. La théorie de la relativité étant ce qu'elle est, deux siècles se sont écoulés depuis son départ. Autant dire qu'il est porté disparu depuis longtemps et que les recherches sur le mur de la lumière se sont interrompues peu après sa disparition, et juste après celle de sa fiancée, Bella, qui était sur l'essai suivant et qui, comme lui, n'est jamais revenue.

A son retour sur Terre, Firy Groeg est immédiatement intercepté par un homme mystérieux qui le convainc de ne rien révéler de son identité ni de son expérience. Le pilote est intrigué et décide de partir à la recherche de Bella. Dans l'espace ou dans le temps ? C'est la question.
"Les gouffres du temps sont insondables, incompréhensibles, plus encore que ceux de l'espace."
Le mur de la lumière est un roman efficace, captivant, bien mené et sans temps morts mais qui, je crois, ne réserve rien au-delà de son premier niveau de lecture. C'est une simple bonne histoire sans message ni réflexion, un divertissement qui fait honorablement son office. C'est déjà pas mal, non ?
 
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FNA n°200

lundi 27 juillet 2020

Sam J. Miller - Le Vêlage

miller velage albin michel imaginaire

Sam J. Miller 

Le Vêlage

Ed. Albin Michel 


Offerte en guise de mise en bouche avant ce que l'éditeur annonçait comme un plat principal copieux, cette nouvelle m'aura finalement bien plus convaincu que le roman auquel elle préparait. 

Le vêlage se déroule à Qaanaaq, le cité flottante décrite dans La cité de l'orque. Là, Dom, un ouvrier prolétaire en manque de repaires et de perspective, retrouve son fils avec lequel il ne partage pas grand chose. Un peu perdu mais bien décidé à entretenir un lien qui n'existe pas réellement avec le jeune homme, il s'aventure sur une pente glissante qui lui rappelle que l'enfer est pavé de bonnes intentions... 

Forcément beaucoup plus courte que le roman, moins élaborée mais néanmoins ambitieuse dans ses thématiques, la nouvelle est surtout d'une grande sobriété et parvient, en quelques pages à peine et avec une grande économie de moyens, à créer une émotion forte. Elle est frappante et sa chute cruelle.

D'autres avis ? Hop ! Yogo, Uranie, Feydrautha, Célindanaé, Le Chien Critique ou encore Dionysos. Et si vous voulez vous faire votre propre opinion, le livre est à lire gratuitement ici. Ce serait dommage de s'en priver.

#DéfiCortex

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samedi 18 juillet 2020

Laurent Kloestzer - Issa Elohim

Laurent Kloetzer 

Issa Elohim 

Ed. Le Bélial' 


Un Elohim, une créature mystérieuse venue d'un monde inconnu, serait enfermé dans un camp de réfugiés tunisien. Une jeune journaliste suisse se rend sur place pour mener son enquête et va rapidement s'allier avec un homme politique d'extrême droite pour tenter de le faire venir dans son Helvétie natale.

Avec son histoire de migrant et de fasciste, j'ai d'abord eu peur que Laurent Kloetzer n'arrive chaussé de très, très gros sabots. Mais non. Il est effectivement question de ces deux personnages mais leur confrontation est un peu plus subtile qu'il n'y paraît. Surtout, elle est ouverte à toutes les interprétations possibles, l'origine de l'Elohim étant discutée, divine ou extraterrestre. Personnellement, c'est vers la piste mystique que je me suis orienté. Mais vaguement seulement, car j'ai le sentiment de ne pas m'être vraiment investi dans cette lecture.

Avec son univers de dérèglements climatiques, de menace terroriste et de besoin viscéral qu'on certains de s'appuyer sur des croyances, Laurent Kloetzer propose une science-fiction intelligente et politique, très ancrée dans le réel malgré son personnage fantastique. Mais, même s'il m'a parlé pour son aspect sociétal, c'est un livre qui n'a pas su me toucher et que j'ai lu avec distance. D'où mon peu d'investissement et le caractère lacunaire de ce billet.

D'autres avis ? Hop !

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mardi 14 juillet 2020

Dix incontournables de la SFFF récente


sous forme de charade


Mon premier est le premier des nombres

Mon deuxième est le successeur du zéro
Mon troisième est un substantif trivial
Mon quatrième est une construction en hauteur
Mon cinquième se visse sous la coque d'un navire
Mon sixième divise les nombres pairs
Mon septième est la sixième note de la gamme de do
Mon huitième est le genre en question
Mon neuvième est un poisson, souvent préparé au beurre noir
Mon dernier est le centième en espéranto
Et mon tout est à l'excellente initiative de Vert

vendredi 10 juillet 2020

Robert E. Howard - Le Seigneur de Samarcande

Robert E. Howard Le Seigneur de Samarcande Bragelonne le livre de poche
Robert E. Howard

Le Seigneur de Samarcande

Ed. Bragelonne


Pour ce recueil, Patrice Louinet, à qui nous devons déjà les excellents intégrales de Conan et de Solomon Kane chez le même éditeur, a compilé les récits épiques et historiques de Robert E. Howard. Si l'intention est louable, le résultat est malheureusement relativement indigeste. Le problème ne vient pas de la qualité des nouvelles sélectionnées - loin de là - mais de l'aspect redondant de leur lecture, alors que les textes étaient de toute évidence moins destinés à être publiés en un unique volume qu'à être lus épisodiquement.

Les intrigues fonctionnent toutes sur le même modèle et mettent en scène des personnages qui tendent à se ressembler, allant parfois jusqu'à se confondre : solitaires, violents, souvent en exil, ils ne s'accomplissent que par les faits d'armes, les démonstrations de force, les réparties cinglantes, et se jettent logiquement dans le premier conflit venu, quitte à livrer des batailles qui ne sont pas les leurs. Et c'est l'occasion pour l'auteur texan de dépeindre de vastes campagnes désolées et des ruines fumantes, des monceaux de cadavres et des corps luisants, des comportements bestiaux et l'intelligence mise au service de la guerre. Mais également - voire surtout - de somptueux décors exotiques qui ne sont pas sans évoquer les légendaires figures de l'histoire orientale et dont les descriptions pointilleuses sont servies par une langue soignée et un riche vocabulaire.

Cette compilation, sur laquelle il serait dommage de faire l'impasse mais qu'il est donc préférable de lire de manière sporadique, brille par les belles illustrations de Stéphane Collignon et par l'impressionnant travail éditorial de l'anthologiste qui, en plus d'une préface et d'une postface très instructives, signe une splendide traduction. Il rend ainsi hommage à la dimension littéraire et stylistique de Robert E. Howard.


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dimanche 5 juillet 2020

Margaret Mitchell - Autant en emporte le vent

Margaret Mitchell

Autant en emporte le vent 

Ed. Gallmeister


Alors que l’œuvre de Margaret Mitchell tombe dans le domaine public et qu'il paraît une nouvelle traduction de son fameux roman, j'ai vu une belle occasion, en me plongeant dans ce classique, de faire d'une pierre deux coups : combler une vieille lacune et tenter de mieux comprendre la polémique de sa recontextualisation.

Avec son unique roman, publié en 1936, Margaret Mitchell n'a pas fait pas les choses à moitié : 1500 pages pour une ample histoire d'amour sur fond de vaste fresque historique. L'action se situe en 1861 et met en scène Scarlett O'Hara, une jeune femme riche et gâtée qui vit dans une famille dirigeant une plantation de coton du sud des États-Unis. Amoureuse d'Ashley, elle est bouleversée quand, au début du livre, elle apprend qu'il en épouse une autre, Mélanie. Elle se promet alors qu'elle le récupèrera, par n'importe quels moyens. Mais les choses de la vie, surtout la Guerre de Sécession, font qu'elle devra plutôt protéger sa rivale que lui prendre son mari, parti se battre pour la cause sudiste.

Certes, le livre brosse le portrait d'une jeune femme acquise à la cause, élevée dans la culture sudiste, entourée d'esclaves, trop choyée et trop formatée pour remettre en question son éducation ou cet aspect de la société. Ainsi, elle ne s'interroge pas sur la condition des noirs, la dénonce encore moins, et voit comme une normalité le rapport de domination que les blancs entretiennent avec ceux-ci. Mais, alors que c'est justement ce point qu'il m'intéressait de soulever, ce n'est pas ce que je retiendrai du livre ni même ce qui m'a le plus interpelé.

Je crois qu'il y a finalement autant à dire, voire plus, sur l'image de la femme. Scarlett qui a été "élevée dans la tradition selon laquelle les hommes étaient omniscients et les femmes loin d'être intelligentes", cherche à contrôler son destin, à une époque où elle est supposée ne pouvoir s'accomplir que dans la maternité et la bonne tenue d'un intérieur. Mais elle refuse les contraintes du veuvage, elle veut travailler, gagner sa vie, se prendre en main et elle a volontiers recours aux mêmes travers que les hommes, qu'elle n'hésite pas à remettre à leur place pour s'imposer. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'elle finit par être si mal vue de ses concitoyens, hommes et femmes, et qu'elle est la seule à pouvoir tenir tête à Rhett Butler, un célibataire mystérieux, opportuniste, imprévisible et à la réputation houleuse.
"Je vous aime Scarlett, parce que nous sommes si semblables, des renégats, tous les deux, et d'égoïstes fripouilles. Nous nous moquons éperdument l'un et l'autre que le monde aille à vau-l’eau tant que nous sommes à l'abri et que nous vivions dans l'aisance."
En dressant le portrait d'une femme émancipée qui se bat et s'affirme, le livre renferme un discours féministe hautement subversif qui m'a d'autant plus séduit que je ne m'y attendais pas.

En revanche, ce à quoi je m'attendais, et en quoi j'ai été copieusement servi, c'est le fond historique. Le roman fait revivre certaines des personnalités qui ont marqué le cours de la Guerre de Sécession et en reconstitue avec précision les grandes heures. Il apporte de précieuses informations sur son contexte et son déroulement, ses enjeux et ses conséquences, l'évolution de la politique, les bouleversements sociaux, ou encore l'impact sur l'industrie et l'économie. Mais surtout, en insistant sur les traumatismes de la guerre et la manière dont elle a pu être vécue par les populations civiles, il la rend totalement immersive et lui donne une impression de fin du monde, entre scènes d'apocalypse et descriptions dantesques.

Et dans ce décor, d'abord assez caricaturaux, les personnages d'Autant en emporte le vent s'affinent et se complexifient jusqu'à devenir parfaitement nuancés. J'ai donc à la fois adoré et détesté Scarlett et Rhett, d'excellents protagonistes qui se démènent dans une œuvre d'une haute portée romanesque pour laquelle je me suis passionné et qui a su toucher le petit cœur tout mou qui palpite quelque part par ici. Là. Oui, là.

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mardi 30 juin 2020

Jean-Christophe Gapdy - 1 et 1 font 11

jean christophe gapdy 1 et 1 font 11 ivre-book
Jean-Christophe Gapdy

1 et 1 font 11

Ed. L'ivre-Book 


Dans cette nouvelle qui imbrique deux époques, 1944 et 1969, le temps a suivi une course légèrement différente de celle que nous connaissons et des détails laissent imaginer une déviation intéressante. Mais imaginer seulement. En effet, si les éléments sont prometteurs, l'auteur ne prend pas le temps de les développer et il laisse au lecteur le soin d'en extrapoler l'impact. Son objectif est ailleurs - la vérité également, pour reprendre la formule consacrée. Il préfère se focaliser sur le parcours extraordinaire d'André Sonniant, un photo-reporter qui porte sur le bras une étrange particularité en souvenir de son enlèvement par des extraterrestres...

Et un beau jour, alors que des vaisseaux sont aperçus, il est convoqué par les autorités. L'occasion pour lui de se remémorer les évènements, et pour le lecteur de les apprendre... On passe alors d'une époque à l'autre et on suit le jeune homme, puis l'adulte, vivre un destin exceptionnel, jusqu'à une chute sensible et bien sentie, qui conforte le texte dans sa dimension humaine.

Cette nouvelle, qui s'aventure dans une thématique d'un classicisme à toute épreuve, parvient à ne jamais donner au lecteur le sentiment qu'il emprunte un sentier trop balisé. Fluide, bien construite et touchante, elle aurait toutefois probablement mérité un développement un peu plus approfondi - même si elle ne m'a laissé aucun goût de trop-peu. Je pense même qu'il y aurait matière à en faire un bon roman. À bon entendeur...

Merci aux Chien Critique pour ce judicieux conseil et à l'auteur pour avoir généreusement mis sa nouvelle à la disposition des lecteurs.

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vendredi 26 juin 2020

Emmanuelle Pol - Le prince de ce monde

Emmanuelle Pol  Le prince de ce monde finitude
Emmanuelle Pol 

Le prince de ce monde 

Ed. Finitude


On vit dans une société déconcertante, à une époque troublante. Guerre, violence, injustice, inégalité, extrémisme, intolérance, j'en passe et des meilleures. La narratrice oublie heureusement tout ceci dans les bras de son amant. Elle oublie ce monde funeste et également son foyer, sa petite vie et son poste de conservatrice dans un musée poussiéreux. Mais quand elle finit par soupçonner l'homme dans les bras duquel elle se réfugie d'être à l'origine des maux de ce monde en totale déréliction, elle se pose la question : est-il possible qu'il s'agisse du Diable en personne ?

Prenant toujours bien soin de laisser planer le doute, Emmanuelle Pol s'amuse à brouiller les pistes. Sa protagoniste, partagée entre engouement, raison, scepticisme, croyance et besoin d'échapper à la réalité, ne sait plus où donner de la tête et ouvre les yeux sur ce qui les lui crevait alors, au risque de laisser sa santé mentale dans la bataille. Celle du lecteur est mise à l'épreuve... Quant à la morale, elle est laissée à sa libre déduction - sachant que si vous n'avez pas l'esprit trop tordu, vous suivrez la piste de la réflexion sur les relations toxiques. Et ce sera tant mieux car c'est sans aucun doute dans cette direction que l'auteure voulait vous emmener.

En revanche, si comme moi vous tirez tout par les cheveux et ne trouvez votre bonheur que dans les interprétations les plus alambiquées, vous verrez ce roman comme une  fiction déculpabilisante sur le mal qui nous entoure : pourquoi se faire trop de mouron ou se remettre inutilement en question quand on peut aisément - voire légitimement - mettre l'origine du mal sur le dos de ceux dont on doute des bons sentiments. D'ailleurs, à ce compte-là, on peut même en venir à souhaiter le pire à autrui car, s'il se produit, vous n'aurez qu'à blâmer votre prochain. Personnellement, je ne m'en prive jamais - et ne culpabilise même pas.

mardi 23 juin 2020

Stephen Graham Jones - Galeux

Stephen Graham Jones  Galeux  Ed. La Volte
Stephen Graham Jones 

Galeux 

Ed. La Volte


Le thème de la lycanthropie est assez enthousiasmant mais il me semble aussi exploité que formaté. De fait, si j'ai toujours aimé les histoires de loups-garous et continue d'ailleurs à aimer ça, je n'ai pas souvenir d'avoir jamais eu de grosses surprises dans ce domaine. Jusqu'au livre de Stephen Graham Jones.

La notoriété de ce professeur d'université natif-américain, auteur d'un quinzaine de romans et d'une poignée de nouvelles, n'a pas encore traversé l'Atlantique. Cette première traduction en français pourrait changer la donne. Pour une simple histoire de loups-garous ? Justement, non. Galeux n'est pas une simple histoire de loups-garous.

Il commence comme tel. Ou plutôt comme un roman d'apprentissage. Le personnage principal est un garçon, plus tout à fait un enfant, pas encore un adulte, élevé dans une famille étrange, abreuvé d'histoires incroyables de transformations, de hurlements, de pleine lune et de balles d'argent. N'est-t-il qu'un homme ou.. un loup-garou ? Comment savoir... Ce qui est certain, c'est que, normal ou non, sa vie sera celle d'un marginal, condamné à frayer avec les basses classes de la société. Violence, précarité, alcoolisme, pauvreté... mieux vaut s'y préparer...

Et c'est là l'excellente trouvaille de Stephen Graham Jones, faire de la lycanthropie une allégorie. Car si les loups-garous ne vivent que dans l'esprit foisonnants des créateurs de fictions, des humains qui subissent ce triste destin existent bel et bien. C'est d'eux dont il est question dans ce livre qui, sous couvert de littérature de genre, n'est ni plus ni moins qu'un roman sur les minorités, sur le déterminisme social et sur les amérindiens en particulier.

Fin dans son discours et intelligent dans son procédé, Galeux manque en revanche d'un peu de liant d'un point de vue romanesque. À mon sens, le choix n'est pas suffisamment tranché dans la forme : composé d'histoires courtes qui constituent un tout, sa narration est parfois un peu décousue et peine à imposer un fil rouge, quand bien même on suit avec intérêt la quête de son personnage. Mais l'important dans ce livre inattendu, qui dépoussière le thème du loup-garou, assume le genre et offre au passage quelques scènes visuelles totalement décomplexées, tient clairement dans son aspect critique et dans sa grande sensibilité.