lundi 18 février 2019

Arnold Bennett - Enterré vivant

Arnold Bennett  Enterré vivant  L'arbre vengeur
Arnold Bennett 

Enterré vivant 

Ed. L'arbre vengeur 


Priam Farll est un peintre fameux qui vit retranché dans un meublé londonien et porte sa notoriété comme une malédiction. Aussi ne cherche-t-il pas rétablir la vérité quand, suite à un malentendu, on le pense décédé à la place de son majordome, Henry Leek. Ni une ni deux et il endosse l'identité du mort, mettant un terme à cette existence et à sa gloire. Comme on peut s'y attendre, l'artiste est rapidement confronté aux conséquences de cette interversion. Il réalise qu'il ne savait rien de son majordome et se retrouve à devoir assumer un curieux rôle et à tenir des engagements pris avant qu'il ne passe l'arme à gauche.

Cette comédie, qui joue sur les malentendus et la confusion des identités, met en scène des personnages excentriques et délectables, en particulier le peintre, opportuniste malheureux, et Alice, l'extravagante future épouse du majordome. Le livre nous entraîne dans une relation amoureuse saugrenue et des situations insolites. Mais, faussement naïf, il ne se contente pas d'exploiter le filon vaudevillesque. Il va un peu plus loin et dresse un portrait acerbe du monde de l'art, de ses artistes inadaptés, de ses marchands peu scrupuleux ou encore de la démesure des hommages rendus à ses disparus. D'ailleurs, la scène de l'enterrement du supposé Priam Farll à l'Abbaye de Westminster est grandiose, tout comme celle - dans un autre registre - du procès pour la gigantesque escroquerie artistique du personnage principal.

Enterré vivant est un roman britannique à l'humour grinçant, classique dans son principe mais original dans son traitement, un pépite méconnue comme il en brille tant au catalogue inépuisable de L'Arbre Vengeur.

4 commentaires:

  1. Cela me fait penser à ma dernière lecture, Texto de Dmitri Gloukhovski, une histoire d'usurpation d'identité aussi.
    Par contre, le vaudeville me fait un peu peur, et l'art m'indiffère.

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    1. J'imagine que ce sujet a déjà été traité un certain nombre de fois. Là, si le vaudeville te fait peur et que l'art t'indiffère, j'ai peur que cette version ne soit pas très appropriée pour toi, l'ami...

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  2. J'aime beaucoup l'humour british. Et comme le vaudeville ne me fait pas peur et que l'art ne me laisse pas de marbre, je pense que je pourrai me laisser tenter.
    D'ailleurs à chaque fois que tu chronique un bouquin de l'Arbre Vengeur, j'ai le portefeuille qui me démange...

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    1. Oui, j’aime bien ce qu’ils font, leur catalogue est riche d’auteurs inconnus qui gagneraient à ne pas le rester.

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