dimanche 13 septembre 2020

Arthur C. Clarke - Le diptyque de la Lune

Arthur C. Clarke 

S.O.S. Lune

Ed. Fleuve Noir 


Un séisme a ouvert un gouffre dans les fonds de la mer de poussière sur laquelle voguait le Selene. Le vaisseau de croisière prisé par les touristes fortunés, qui viennent passer leurs vacances sur notre satellite, englouti avec ses passagers, repose maintenant par quinze mètres de fond…

Mais pas de panique ! Plutôt que de se laisser abattre ou de se fatiguer à chercher une solution, Pat Harris, le capitaine, Susan Wilkins, l'hôtesse, et leurs vingt passagers prennent les choses avec philosophie. Au programme : lecture à voix haute, improvisation théâtrale ou encore tournoi de poker. Il règne dans le vaisseau une ambiance de colonie de vacances, ce qui est d'autant plus surprenant que, ignorant que des opérations de sauvetage s'organisent, ils pensent tous qu'il ne leur reste que quelques heures à vivre…

En faisant planer sur son drame une totale décontraction, Arthur C. Clarke balaie les codes du roman catastrophe. D’un côté, une désinvolture à ce point assumée force le respect mais, d’un autre côté, la crédibilité du scénario ne peut qu’en prendre un sérieux coup. Il y a pourtant clairement un souci de cohérence, alors que l’auteur prend le soin d'étayer son intrigue par des argumentations scientifiques, d'y glisser quelques mystères crédibles et de bien fouiller ses personnages.

 
Autant dire que cette première moitié du diptyque est surprenante. Et elle l’est d’autant plus du fait d’une version française... singulière. Le traducteur, B.R. Bruss, était-il motivé par un désir de rester au plus proche du texte ? À moins qu’il ne s’agisse d’un parti pris de traduction minimaliste ou de simples choix douteux ? Toujours est-il que les anglicismes et les expressions transparentes peuvent surprendre. Par exemple, peut-on réellement laisser dans le texte "le computeur" pour parler d'un ordinateur ? Je préfère penser que l'auteur du Mur de la lumière a tenté de coller au maximum à la version d’origine, quitte à parfois sonner un peu faux...

Arthur C. Clarke 

Naufragés de la Lune

Ed. Fleuve Noir 


Après un premier volume concentré, d'une part, sur l'étude psychologique des personnages et, d'autre part, sur les opérations de recherche, la suite s'intéresse à la manière de sortir du vaisseau enseveli les passagers qui "dans le péril s'étaient soudées en un groupe solidaire".

Cette seconde partie poursuit donc logiquement la série et lui apporte une conclusion assez attendue. Pourtant, l'auteur fait tout ce qu'il peut pour créer de la surprise, appliquant à son livre les codes du roman feuilleton, usant et abusant des effets d'annonce. Du fait de toutes les accroches de fin de chapitre, la lecture est captivante et les pages se tournent toutes seules. Mais malgré cette fluidité, quelques bonnes trouvailles et un fond scientifique plutôt solide, il est difficile de ne pas noter le caractère anecdotique de ces deux romans - qui n'en forment réellement qu'un seul : ils n'ont ni la consistance ni l'ambition des œuvres qui ont fait entrer l'auteur de 2001, l'Odyssée de l'espace et de Rama au panthéon des écrivains de science-fiction.

 
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FNA n°206 & 207


7 commentaires:

  1. Quel dommage, ça avait l'air d'être enfin un roman catastrophe pour moi, une catastrophe pas si catastrophique. =(

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  2. Je connais très peu cet auteur, mais le pitch est léger et rappelle ce que seront les prochains voyages d'Elon Musk. Donc pour quoi pas.

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    1. Ce n'est clairement pas par là qu'il faut entrer dans l'œuvre de Clarke. Essaie plutôt "Rendez-vous avec Rama".

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  3. Ça ne sera pas celui-ci pour moi avec cet auteur, et malheureusement, rendez-vous avec rama ne m’avait pas vraiment plu, il faudrait sûrement que je me penche sur l’odyssée de l’espace pour voir.

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    1. Tu peux faire l'impasse sur celui-ci sans trop de scrupules.

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