samedi 6 juillet 2019

Jean de La Ville de Mirmont - Les dimanches de Jean Dézert

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Jean de La Ville de Mirmont 

Les dimanches de Jean Dézert

Ed. La Petite Vermillon 


Je fonctionne beaucoup par association d'idées et, jusqu'à présent, quand je pensais à la journée du dimanche, il me venait volontiers en tête le générique de "Vivement lundi" avec the very famous Bernard Ménez.

Mais ça c'était avant. Avant de lire le petit opus de Jean de La Ville de Mirmont.

Ce livre, ou tout au moins le court roman ouvertement autobiographique qui en compose la première partie et donne son titre au recueil, nous fait vivre le quotidien d'un homme passe-partout et relativement morne qui a su élever la routine au rang des beaux arts. Bien entendu, quand une femme entre dans la vie ordonnée de ce simple employé de bureau, son train-train méthodique en prend un coup.

Les dimanches de Jean Dézert est un exemple assez classique de ce que cette littérature du début du vingtième siècle a pu produire de meilleur : une littérature désabusée et un brin mélancolique dans laquelle il ne se passe rien et dont l'intérêt réside moins dans une intrigue captivante que dans le portrait rêveur de son personnage et dans une prose résolument poétique.

Les vers qui suivent les non-aventures de Jean Dézert lui donnent une nouvelle perspective. Ils invitent à reconsidérer l'opinion qu'on avait pu se faire de cet auteur à travers son autoportrait à peine dissimulé dans les pages du roman. Il semblait contemplatif et passif, il se révèle débordant d'imagination, emporté par des envies de voyages et motivé par une énergie communicative. L'horizon chimérique est un poème fabuleusement esthétique, une oeuvre sensible aux fortes odeurs d'embruns. Les contes qui clôturent ce volume enfoncent le clou et démontrent l'étendue du talent de cet auteur tristement méconnu et malheureusement fauché dans ses jeunes années par la Première Guerre Mondiale. 

Et maintenant, quand je pense à la journée du dimanche, c'est Jean Dézert qui me vient en tête. Et Bernard Ménez alors ? Bah...

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