dimanche 24 septembre 2017

Daryl Gregory - Nous allons tous très bien, merci

Daryl Gregory  Nous allons tous bien, merci  Ed. Pocket Bélial

Daryl Gregory 

Nous allons tous très bien, merci 

Ed. Pocket 


Généralement, au cinéma, le film catastrophe se termine sur un dernier plan du héros, plus ou moins seul rescapé, sale et fourbu - mais vivant ! Sa famille entière a été décimée par une invasion de zombis, un tueur psychopathe a massacré ses amis sous ses yeux, toute la ville a été victime d'une arme bactériologique qui aurait échappé à l'armée, à moins qu'une météorite n'ait rasé l'essentiel de la population mondiale. Mais lui est vivant et, désormais, hors de danger. Là, paf, générique de fin. On sort de la salle en se disant que c'était vachement bien, on jette sa boîte de popcorns et on va se faire un kebab.

Mais vous êtes-vous jamais demandé ce qu'il allait devenir maintenant ? Comment il allait pouvoir se reconstruire après avoir vécu une expérience aussi traumatisante ? Non ? Daryl Gregory s'est posé cette question, lui. Dans Nous allons tous très bien, merci, il imagine la séance de psychothérapie collective qui réunirait cinq personnes, toutes rescapées de catastrophes improbables dont aucun humain normalement constitué ne pourrait sortir mentalement indemne.

Dans ce groupe de parole, il vont se confier, s'interroger sur leur légitimité à avoir survécu, sur le prix à payer, sur les peurs qui les habitent et mettre des mots sur leurs expériences. Ils ne les racontent pas vraiment - c'est inutile, tout le monde sait très bien à quoi ressemble une horde de cannibales consanguins - mais se contentent de les évoquer et de laisser jouer l'imagination du lecteur. La capacité du livre à suggérer sans montrer est d'ailleurs une de ses forces. Pour le reste, c'est un roman de genre, assumé et décomplexé, assez court, accrocheur, bien fichu, qui enchaîne les références à la culture populaire et joue avec nos peurs les plus profondes. Au passage, il vous fait prendre conscience que si vous n'avez pas un bon psy pour vous dénouer le cerveau après leur avoir survécu, autant laisser les envahisseurs anthropophages vous le boulotter.

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