samedi 28 avril 2018

Abraham Merritt - Brûle, sorcière, brûle !

Abraham Merritt  Brûle, sorcière, brûle !  Ed. L’Éveilleur

Abraham Merritt 

Brûle, sorcière, brûle ! 

Ed. L’Éveilleur 


Je sais qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Là, une fois n'est pas coutume, vous pouvez en partie vous y fier, cette illustration à tendance "pulp" annonce un ton rapidement confirmé. En revanche, ce qu'elle ne laisse pas présumer c'est l'indéniable qualité de ce roman qui dépasse les contraintes du genre et mêle brillamment épouvante et intrigue policière.

Brûle, sorcière, brûle est le témoignage d'un jeune médecin new-yorkais dans les années trente. Confronté à une série de morts étranges, prudent et rationaliste, il tente de remonter la source de ce qui ressemble fort à une épidémie. Mais c'est sans compter sur l'intervention pressante d'un parrain de la mafia, proche d'une des victimes, convaincu qu'il s'agit là d'une malédiction et qu'il est le prochain sur la liste. Chacun armé de ses convictions, les deux hommes vont se lancer conjointement dans des recherches qui pourraient bien les confronter à leurs démons... entre autre.

Véritable roman gothique, ce livre daté de 1932 est plus qu'une simple histoire de possessions, de sorcières et de poupées maléfiques. Certes, bien que l’auteur s’amuse à semer le doute et à promener son lecteur dans un sens puis dans l’autre, on réalise rapidement que les sciences occultes sont au cœur du récit. Les deux hommes opposent leurs points de vue et, entre croyance et scepticisme, c’est à qui ébranlera les convictions de l’autre, à commencer par celles du lecteur. Avec ce polar à la plume élégamment surannée, Abraham Merritt tire les ficelles d’une intrigue oppressante au suspense insoupçonné et manipule son duo improvisé avec une effrayante dextérité. Il crée une tension qui met les nefs à rude épreuve, jusqu’à une scène finale d’anthologie.

Mon conseil ? N’entamez pas cette lecture sans votre gri-gri...

4 commentaires:

  1. Lu il y a bien longtemps (du temps des éditions NéO) mais je me souviens effectivement d'une intrigue mélangeant intelligemment le fantastique et le polar.
    J'aime beaucoup Merritt, ses récits de mondes perdus (Les habitants du mirage...) ou plus classiques (Sept pas vers Satan) ainsi que son style légèrement suranné. Un auteur à redécouvrir assurément.

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    1. En effet, c’est une bonne chose que L’éveilleur ait réédité ce texte. Espérons qu’ils reprendront également la suite «Rampe, ombre, rampe». Je la lirais avec plaisir.

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  2. C'est un très bon souvenir de lecture en effet. J'aime beaucoup cet écrivain.

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    1. Je le découvre avec ce titre-là. Une très bonne surprise qui me donne bien envie d'aller voir plus loin dans son oeuvre.

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