lundi 2 décembre 2019

Peter Høeg - Smilla et l'amour de la neige

Peter Høeg Smilla et l'amour de la neige Seuil

Peter Høeg 

Smilla et l'amour de la neige 

Ed. Seuil 


S'il y a bien un gars dûment placé pour parler d'imaginaire, c'est Gilles Dumay. Récemment invité sur France Culture pour présenter son métier d'éditeur, il citait () ce roman de Peter Høeg comme une bonne introduction à cette littérature de genre. Ni une ni deux, j'ai suivi son conseil. Alors ?

Alors c'est compliqué. Mais le problème est sans doute autant à mettre sur le dos du lecteur que sur celui du livre. Déjà, je crois que je n'ai plus vraiment besoin d'être introduit à la littérature de l'imaginaire ; ensuite, je n'ai jamais réussi à me passionner pour les romans policier. Or, avec cette enquête sur la mort d'un enfant, c'est bien d'un polar qu'il s'agit. Le gamin a glissé du haut d'un toit et seule Smilla, une groenlandaise expatriée au Danemark, pense qu'il ne s'agit pas d'un accident. Pour elle, les traces laissées dans la neige sont autant d'indices intrigants. Elle s'improvise alors enquêtrice.

S'improvise ? Disons que cette jeune femme, libre, rebelle, à la répartie cinglante mais somme toute assez ordinaire, se prend directement pour un agent secret rompu à toutes les techniques d'infiltration et de combat rapproché, ce qui manque sérieusement de crédibilité. Ainsi, les rares scènes d'actions semblent totalement surréalistes, mais elles ont au moins le mérite de maintenir le lecteur en éveil face à une narration d'une lenteur décourageante. C'est long, très long, l'intrigue n'avance pas et le livre est interminable. Au sens propre. J'ai abandonné après quatre cent cinquante pages d'un ennui profond. Tant pis, je ne connaîtrai pas le secret autour de la mort de l'enfant. Je retiendrai toutefois l'aspect social du livre, alors qu'il aborde des points intéressants sur la situation entre le Groenland et le Danemark ainsi que sur les relations tendues entre leurs ressortissants. Cet aspect est malheureusement très secondaire.

Finalement, Smilla est-il une bonne introduction à la littérature de l'imaginaire ? Je ne saurais le dire. Jusqu'à cinquante pages de la fin, il n'y en a pas la moindre trace. C'est sans doute la récompense pour ceux qui ont le courage d'aller au bout. En revanche, c'est un bel exemple de roman soporifique.

9 commentaires:

  1. Soporifique ? Ben oui, les nuits sont longues au Groenland §

    RépondreSupprimer
  2. Tu le vends moins bien que GD. lol

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout le monde n'a pas son talent pour (sur)vendre du polar nordique.

      Supprimer
  3. J'adore ta conclusion et je suis ravi que tu aies dégainé plus vite que moi. Je vais plus te faire confiance sur ce coup là qu'à Gilles Dumay !

    RépondreSupprimer
  4. Ça donne presque envie de juste lire les 50 dernières pages pour savoir si un secret s'y cache. Mais presque seulement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La lecture était vraiment trop laborieuse pour aller plus loin (même si je dois reconnaître que c'est un peu bête de s'arrêter si près du but).

      Supprimer
  5. Moui...on va se pencher sur un autre titre ^^ merci d'avoir tenté, j'avais beaucoup aimé écouter son intervention

    RépondreSupprimer