Patrick K. Dewdney
La maison des veilleurs (Le cycle de Syffe, tome IV)
Ed. Au Diable Vauvert
Depuis le début, l'ambition de Syffe est constante : s'efforçant d'être honnête, il entend rédiger un témoignage personnel. Mais ce récit n'étant pas uniquement le sien et l'honnêteté charriant ses propres vices, un tel procédé sous-entend autant de subjectivité que de parti-pris. Ses mémoires servent donc à établir la vérité. Du moins la sienne.
Cette vérité est celle du jeune homme que nous commençons à bien connaitre, désormais à la tête d'une troupe d'élite qu'il a constituée pour le compte du primat de Bourre et qui remplit les missions délicates que celui-ci lui confie. C'est dans ce contexte, gérant ses hommes tout en obéissant à ceux pour lesquels il travaille et tâchant d'allier loyauté et indépendance, qu'il se retrouve impliqué dans des luttes de pouvoir et dans un immense jeu de manipulation. Quant à savoir qui manipule qui, c'est là toute la question.
"Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été fasciné par l'altérité. Si l'on doit à tout prix y chercher un sens, il me semble que - pour bien des raisons - mon histoire parle bien davantage de cela que de n'importe quoi d'autre. L'une de ces raisons tient en peu de mots : c'est à l'aune de la différence que je me suis forgé."
Portant toujours en lui cette fêlure, cette soif sourde pour l'affection ou la reconnaissance de ses semblables, Syffe se questionne beaucoup. Aussi, comme dans les volumes précédents (ici, ici et ici), il évolue au gré des évènements ou des rencontres et partage volontiers ses interrogations et ses doutes, quand bien même il a grandi, gagné en maturité et qu'il est de plus en plus maître de son destin. Entre certitude, assurance et circonspection, le récit laisse donc la part belle au travail d'introspection, au milieu duquel viennent régulièrement se greffer des scènes plus mouvementées, les unes et les autres étant toujours servies par une plume incroyable de richesse et de précision.
Patrick K. Dewdney confirme encore une fois son immense talent de conteur, de paysagiste, de styliste et de sondeur d'âmes. Oui, tout cela à la fois.
D'autre avis ? Hop ! Anudar, Gromovar, Le Nocher des Livres, Boudicca...
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