San-Antonio
Entre la vie et la morgue
Ed. Fleuve Noir
Tout commence par une chute. La jeune femme à lunettes que file San-Antonio tombe d’un train, dans des circonstances suffisamment floues pour exclure l’accident banal sans pour autant crier au meurtre évident. Le corps est là, encombrant, et avec lui une série de questions mal assorties : pourquoi elle, pourquoi ici, pourquoi maintenant ? On comprend très vite que cette mort n’est qu’un nœud dans un réseau plus vaste. Secondé par Béru et Pinuche, le commissaire avance à sa manière, brutale et expéditive, provocant les confidences et accumulant les indices bancals jusqu’à ce que l’ensemble finisse par dessiner une vérité moins simple que prévu.
Cette trame policière joue pleinement son rôle : elle tient le roman debout et offre un terrain stable sur lequel l'auteur peut se permettre les libertés qui le caractérisent : malmener ses personnages et révolutionner la langue. Celle-ci déborde, exagère, s’autorise tout et, plus que raconter l'enquête, elle la commente, la parasite, la transforme en terrain de jeu verbal, métaphorique, argotique, un terrain ponctué de comparaisons improbables, des obsessions de San-Antonio, de réflexions plus ou moins absurdes ou encore de ce constat étonnant : notre héros n'a jamais couché avec une femme à lunette.
Et pour suivre l'avancée de ma lecture complète des aventures du commissaire San-Antonio, cliquez sur le sourire de l'auteur !


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire