Affichage des articles dont le libellé est Giono (Jean). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Giono (Jean). Afficher tous les articles

mardi 23 avril 2019

Jean Giono - Pour saluer Melville

Jean Giono 

Pour saluer Melville 

Ed. Gallimard 


Jean Giono pour saluer melville gallimard
Moby
Dick, que j’ai lu il y a plus de vingt ans dans la traduction de Jean Giono, a probablement été la première grande révélation de ma vie de lecteur. Dans la foulée, j'ai presque tout lu (et presque tout aimé, surtout La vareuse blanche) de Melville. Ce n'est que bien plus tard que j'ai lu les œuvres de son traducteur. Et quand j'ai découvert il y a peu, par un pur hasard, que l'auteur du Hussard sur le toit avait écrit sur celui de Moby Dick, je n'ai pas résisté une minute à la tentation.

Ce livre, qui ne devait faire office que de préface, n'est ni réellement une biographie ni un essai sur le travail du traducteur. C'est un long poème en prose, en forme de sensible hommage, qui dresse un portrait d'autant plus subjectif de Melville qu'il s'affranchit des contraintes biographiques et laisse libre cours à un fol enthousiasme. On apprend donc assez peu de choses sur l'homme, à peu près rien sur l'auteur, encore moins sur la traduction. C’est à la fois tout autre chose et en même temps bien plus que cela.

La lecture de ce texte en partie abstrait pourrait bien être indispensable à tous les amateurs de Melville et de Giono.

lundi 5 octobre 2015

Jean Giono - Le hussard sur le toit

Jean Giono

Le hussard sur le toit

Ed. Folio


Jean Giono Le hussard sur le toit Folio
Lire un roman de Jean Giono, c'est comme poser sa main sur le tronc d'un arbre. Ou s'asseoir dans un sous-bois de pinède. Ça sent la lavande et la brise rafraichissante, c'est poétique et contemplatif.

Mais pas cette fois-ci.

Le hussard sur le toit a plus la teinte blafarde des pestiférés que celle de la lavande et dégage une odeur de chair en décomposition plutôt que de pinède.

Et pour cause. Angelo Pardi arrive à Manosque où il se retrouve rapidement au cœur d'une épidémie de choléra. C'est depuis les toits qu'il contemplera le chaos, c'est la-haut qu'il rencontrera Pauline de Théus. Toute l'intrigue ne se déroule pas sur les toits, contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre. Il en descendra et, à peine le pied à terre, se retrouvera mêlé à toutes sortes d'aventures.

Jean Giono manie la langue comme personne. Et il décrit la maladie avec tant de force et de détails, parfois jusqu'à l’écœurement, que c'est à se demander si le vrai héros de l'histoire n'est pas plutôt le choléra qu'Angelo Pardi. Car les personnages n'ont finalement pas sa puissance d’évocation et qu'il ne sont jamais approfondi comme elle. Jamais aussi fascinant qu'elle non plus. Dans ce roman, la maladie est graphique, ses descriptions sont soignées, extrêmes, et j'ai pris un plaisir presque malsain à en lire les longs passages qui lui sont consacrés.

Lire un roman de Jean Giono, c'est comme poser sa main sur le tronc d'un arbre. Lire Le hussard sur le toit, c'est comme poser sa main sur le tronc d'un orme atteint de graphiose.