Edmond Hamilton
Capitaine Futur - L'Empereur de l'Espace
Ed. Le Bélial'
Comme tous les gens de ma génération, cette jeunesse dorée née sous Giscard, j'ai grandi avec le Capitaine Flam. Et, comme gravée dans ma mémoire, j'entends encore la voix de Dominique Paturel déclamer en accroche de chaque épisode :
"Au fin fond de l'Univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le Capitaine Flam !"
Bien entendu, à l'époque, j'étais loin d'imaginer que ce personnage était adapté d'une série d'Edmond Hamilton - dont j'ignorais évidemment jusqu'à l'existence. Et pourtant, bien avant d'illuminer le petit écran, le Capitaine Flam avait vécu ses propres aventures durant plusieurs romans et quelques nouvelles (publiées dans la revue Startling Stories) sous le nom de Capitaine Futur.
Curtis Newton a grandi sur la Lune, dans le plus grand secret, après le meurtre de ses parents. Élevé par Grag, un robot colossal, Otho, un androïde synthétique, et Simon Wright, un cerveau baignant dans une boîte transparente, il a développé certaines compétences qui ont fait de lui un être d'exception. Accompagné de ses acolytes, et sous le nom de Capitaine Futur, il parcourt dorénavant l'univers, menant "une carrière au service de la justice". Mais, celui qui s'est imposé comme "la plaie des oppresseurs, des exploiteurs des races humaines autant que planétaires" ignore encore, alors que nous faisons sa connaissance au début du roman, qu'il s'apprête à "affronter l'antagoniste le plus redoutable, le plus mortel auquel il ait jamais fait face" : L'Empereur de l'Espace !
La lecture de cette première aventure fait instantanément plonger dans un space opera à la bonne odeur de naphtaline. La prose d'Edmond Hamilton a vieilli, ses péripéties cosmiques affichent une patine désuète, ses décors sont surannés et son manichéisme est d'un autre temps. Certes. Mais c'est précisément ces descriptions naïves et ce sens de l'émerveillement pur jus qui en font le charme et rendent cette lecture si plaisante, voire délicieuse - au-delà d'être simplement régressive. Après tout, ces quelques rides prises par le futur d'hier ne ne lui donnent que d'autant plus de caractère.

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