samedi 8 juillet 2017

Théo Varlet - Le roc d'or

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Théo Varlet

Le roc d'or

Ed. L'Arbre Vengeur


En 1927, dans les pages du Figaro, paraissaient les épisodes d'un feuilleton étincelant, un roman au titre évocateur. Théo Varlet, fortement marqué par le premier conflit mondial et par ses conséquences sur l'économie, imagine une solution radicale à la situation de crise et une manière drastique de redorer le blason national : une météorite géante composée d'or et de fer, tombée dans l'Océan Atlantique, bizarrement flottante, rapidement annexée par la France et vers laquelle se tournent les regards envieux venus de l'étranger. Antoine Marquin, le narrateur, est sur le bateau qui se dirige vers cette fortune venue de l'espace. Il raconte ce dont il est témoin et se retrouve plus qu'à son tour à devoir mettre les mains dans le cambouis doré.

Ce livre obéit aux codes et, comme dans tout bon roman-feuilleton qui se respecte, les chapitres se terminent sur des rebondissements, les retournements de situations s'enchaînent, l'amitié est à l'appel, de même que la traitrise et l'inattendu. Il y a, bien entendu, une intrigue sentimentale et l'auteur de La grande panne, en véritable poète, laisse libre cours aux envolées lyriques dont il a le secret, sans jamais pour autant tomber dans les écueils de la mièvrerie.

Le roc d'or est un livre captivant, un vrai récit d'aventures et une œuvre littéraire de premier ordre. Mais - et je crois que c'est ce qui m'a le plus marqué - c'est également un témoignage précieux de l'état d'esprit des français - du moins de certains d'entre eux - en ce début des années vingt du siècle passé. Le roman est doté d'un fort sentiment national. Comme je le disais, Théo Varlet est un produit de son époque et, alors que j'avais déjà été surpris par son chauvinisme sans nuance dans L'épopée martienne, il est ici touché par une fièvre patriotique manifeste et ne se donne pas même la peine de dissimuler son sentiment de supériorité sur les autres pays auxquels il attribue des idées stéréotypées assez basiques.

Le roman, son déroulement et les avis que ses personnages expriment sur la concurrence et la collaboration internationale montrent bien un sentiment difficile à comprendre en notre époque globalisée. Mais la France est alors un pays sinistré et n'aspire probablement qu'à retrouver sa grandeur d'antan et la place centrale qu'elle a longtemps occupée sur l'échiquier mondial. Une chose est sûre, c'est que, même marqué par son époque, Le roc d'or est une belle pépite littéraire, une de celles qui ne se dévaluent pas.



2 commentaires:

  1. L'arbre vengeur toujours !
    J'ai moi aussi cédé à son zoli catalogue en m'offrant "Plop" de Rafael Pinedo...

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    1. Je n'ai pas lu celui-ci mais il me tente bien. Ca a l'air assez proche de "Quinzinzinzili" de Régis Messac.

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