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dimanche 19 juillet 2026

Vargo Statten - L'Héritage de la Lune

Vargo Statten 

L'Héritage de la Lune 

Ed. Fleuve Noir 


Vargo Statten L'Héritage de la Lune Fleuve Noir anticipation
Que l'on ne s'y trompe pas : je voue une véritable passion pour ces vieux romans d'anticipation. J'adore cette littérature, ses couvertures criardes, ses fusées en forme de cigare et ses intrigues écrites à la va-vite sous caféine. Mais, dès les premières pages de cette invraisemblable histoire d'un jeune savant auquel on vole l'invention léthale, j’ai été pris d'une intention ferme : fustiger la misogynie crasse des années cinquante... jusqu’à ce qu’un accident industriel de la narration ne vienne détourner mon attention.

Le dossier à charge était pourtant parfait, j'avais déjà consigné mes pièces à conviction, de savoureux morceaux de condescendance masculine à peine croyables aujourd'hui. Tenez, admirez plutôt ce premier spécimen où notre fier héros trouve un réconfort bien singulier :
"Que quelqu'un crût en lui, même si ce quelqu'un était Lucie, qui était incapable de distinguer un atome d'un fragment de charbon, cela suffisait à lui relever le moral."
La pauvre Lucie, réduite au rang d'épouse servile, et dont l'adoration aveugle suffit à requinquer l'ego de son grand homme.

Mais le festival continuait un peu plus loin, au rayon complotisme de comptoir :
"Personne n'est au courant de ce que vous avez fait, bien entendu ?
- Non, non. Je ne suis pas si fou ! Ma femme le sait, mais c'est...
- Votre femme ? Vous n'avez donc pas le bon sens de comprendre que le secret absolu est essentiel ? Les femmes bavardent ! Est-ce que vous l'ignorez ?"
Évidemment ! L'incontinence verbale du sexe faible est la source de tous les maux, c’est bien connu. 

Et pour couronner le tout, l'auteur nous gratifie d'une tentative d'auto-analyse de son héros qui frôle le génie de l'hypocrisie :

"Ce n'était pas, se disait-il, qu'il désirât rabaisser Lucie ni essayer de montrer sa supériorité masculine."
Non, bien sûr que non. À quoi bon se fatiguer à abaisser sa femme quand celle-ci se prosterne déjà si bien toute seule ? 

J'en étais là, j'aiguisais mes métaphores, je préparais mon réquisitoire contre le patriarcat triomphant de l'après-guerre. Et puis... le drame est survenu, la cohérence narrative a volé en éclats ! Au détour d'un paragraphe, sans crier gare, Vargo Statten décide de dynamiter les lois de la dramaturgie, du bon sens et de la psychologie humaine dans un dialogue d'une brutalité poétique sans pareille :
"- Je vous aimais tellement que je ne vous ai rien dit quand nous nous sommes mariés. Peut-être aurais-je dû le faire. C'était très égoïste de ma part, mais... 
- De quoi parlez-vous, demanda Cliff. 
- Je... Je n'ai plus que deux ans à vivre, Cliff ! »
Devant cette tragédie d'opérette, mon indignation féministe a vacillé. Mais le coup de grâce restait à venir. L'apparition d'un personnage improbable est venue enfoncer un ultime clou dans le cercueil de ma rigueur critique :
"Je suis, mes amis, le dernier de la race lunaire, le seul véritable Sélénite existant. J'appartiens à une race qui a précédé celle de la Terre, puisque le peuple de la Lune était dans sa plénitude alors que l'humanité n'avait même pas encore paru sur cette planète..."
Là, je pose les armes. Devant un Sélénite millénaire surgi du chapeau de l'auteur pour côtoyer une épouse qui annonce sa mort imminente entre la poire et le fromage, le sexisme de l'œuvre s'efface derrière un rideau de non-sens absolu. On ne peut plus en vouloir à l'auteur d'être misogyne : l'homme opère manifestement dans une autre dimension spatio-temporelle. Face à un tel chef-d'œuvre d'absurdité cosmique, on ne critique plus, on contemple, on savoure, avec le sourire béat et l'infinie tendresse réservés à l'amateur apathique.




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FNA n°25

samedi 24 janvier 2026

Vargo Statten - Infernale menace

Vargo Statten 

Infernale menace 

Ed. Fleuve Noir 


Vargo Statten Infernale menace Fleuve Noir anticipation
Ena, accompagnée de son père et de son mari, vient à peine de franchir le seuil de la demeure isolée dont elle a hérité de  son oncle, un savant aussi brillant que fantasque, qu'un homme se présente déjà à la porte. Celui-ci, un docteur dont j'ai oublié le nom au moment où je tape ces lignes, lui offre de but en blanc de lui racheter la propriété, qu'il lui déclare possédée. 
"- Est-elle hantée ?
L'inquiétant docteur esquissa une moue.
- On pourrait la qualifier ainsi, murmura-t-il. Disons plus exactement qu'elle est sous l'influence d'une force néfaste."
Malgré l'insistance dont fait preuve le docteur, la jeune femme refuse net de la lui céder ! Il faudra peu de temps aux nouveaux occupants des lieux pour comprendre les sous-entendus et pour réaliser ce qui se trame entre les murs et sous le plancher de cette maison : des insectes que des expériences folles ont rendu géants semblent bien décidés à sortir de là et à conquérir la planète !
"Nous ne sommes qu'au début d'un très sombre chapitre de l'Histoire de l'humanité, Nick. Un combat impitoyable et décisif a commencé entre l'univers des insectes et celui des humains. Le vaincu deviendra l'esclave du vainqueur. Et si j'en juge par la façon dont la bataille s'est engagée, je pense que les jours de l'Homme sur cette planète sont comptés."
Ce roman, pulp comme on l'aime, et dont le récit privilégie l’action et les idées choc, explore alors la peur très “années 50” d’une science qui va trop vite. Il semble profondément convaincu que la fin du monde commencera par un abus de recherche, lequel conduira l’humanité à se retrouver face à une force qu’elle ne comprend pas totalement et qu’elle a pourtant elle-même réveillée. 

Mais plus que dans son sujet, plus que dans son traitement, et plus même que dans l'atmosphère évidemment anxiogène qu'il s'évertue à installer, un peu excessive et très sérieuse dans son absurdité, l'intérêt principal d'Infernale menace tient peut-être dans sa protagoniste, Ena. L'auteur semble prendre un malin plaisir, assez jubilatoire, à rappeler que cette jeune femme, blonde et assez jolie, n'est malheureusement pas dotée d'un esprit très vif...
"Ena, mon enfant, vous avez toujours été une une petite écervelée. Gamine, vous étiez insupportable ; femme, vous êtes sotte."

 




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FNA n°23

vendredi 19 mai 2023

Vargo Statten - Course vers Pluton

Vargo Statten

Course vers Pluton

Ed. Fleuve Noir 


Vargo StattenCourse vers Pluton Fleuve Noir anticipation
Il y a quelques années de cela, un jour à la campagne, j'ai expliqué à mon neveu de cinq ans que, s'il attrapait des orties à pleines mains tout en retenant sa respiration, il ne serait pas piqué. Il m'a cru... Bah... Tous les tontons qui se respectent font ça. Enfin, je crois... Non ?

J'ignore si Vargo Statten a un neveu ou s'il pense qu'il suffit de retenir sa respiration pour ne pas se faire piquer par les orties mais, d'après lui, cette technique fonctionne pour survivre au vide sidéral. Une bonne bouffée d’oxygène, on se bouche le nez, et hop, le tour est joué ! Entre cette conception très personnelle de la survie dans l'espace et la description, sur le modèle des trains à vapeur, de vaisseaux spatiaux alimentés à grandes pelletées de combustible, autant dire que la rigueur scientifique n'a pas réellement sa place dans ce roman qui vous emmène en expédition vers Pluton.
 
Le capitaine Rapier, un baroudeur sévère, est chargé de filer vers la planète naine pour déjouer un danger qui menace la Terre et tout le Système solaire. Disposant de très peu de temps, il est contraint de recruter un équipage au pied levé. S'il veut sauver le monde, il va devoir se battre contre la montre, pousser ses machines et, surtout, composer avec les caprices de ceux qui l'accompagnent dans cette aventure...

À l'image de la majorité des titres de cette collection, il convient évidemment de pas prendre trop au sérieux les délires de l'auteur. Le scénario n'est pas cohérent un seconde, les personnages n'ont aucune crédibilité et vous avez compris ce qu'il en était du fond scientifique. Bref, mettons tout cela sur le compte de la licence poétique et prenons ce roman pour ce qu'il est : du pur divertissement dont la seule prétention est récréative.




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FNA n°20

samedi 26 novembre 2022

Vargo Statten - La flamme cosmique

Vargo Statten 

La flamme cosmique 

Ed. Fleuve Noir 

 
Vargo Statten La flamme cosmique Fleuve Noir anticipation
Frappée par une force prodigieuse d'origine inconnue, Londres est rayée de la carte ! La revendication ne tarde pas à tomber : La flamme cosmique. Cette organisation mystérieuse réclame la reddition pure et simple de la planète entière sous peine de destruction. Les autorités internationales, qui cherchent à livrer un coupable à l'opinion publique, mettent officiellement le massacre sur le dos du professeur Clay, un scientifique qui vient justement de mettre au point une formidable machine incendiaire. La fille de l'inventeur, convaincue de l'innocence de son père, décide de mener sa propre enquête et de trouver le vrai responsable. Elle est bientôt aidée par deux enquêteurs qui, partageant ses convictions, se sont vus écartés de l'affaire par les autorités...

Je crains que, du bouc émissaire au politicien mégalomane, du plan de conquête du monde à la menace extraterrestre, il n'y ait pas grand chose à dire de ce roman, pas grand chose non plus à en retenir. Quoique... on peut noter le caractère résolument misanthrope du méchant de l'histoire, totalement fou et aussi aigri que déterminé.
"Je n'éprouve aucun remord à détruire un si grand nombre d'hommes, car l'humanité est lamentable et le monde est surpeuplé. La Terre a besoin d'être purifiée."
Si, tant que j'y pense, il y a bien autre chose : pour détruire des cibles de la taille d'une grande métropole, la flamme cosmique emploie un moyen à ce point grotesque qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer, j'ai nommé une loupe géante - une énorme lentille manœuvrée depuis l'espace qui concentre les rayons du soleil jusqu'à brûler des villes entières, de la même manière que vous avez exterminé des fourmis quand vous étiez enfant. Oui, il suffisait d'y penser.






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FNA n°16

mercredi 16 novembre 2022

Vargo Statten - La planète pétrifiée

Vargo Statten 

La planète pétrifiée 

Ed. Fleuve Noir 

 
Vargo Statten La planète pétrifiée fleuve noir anticipation
Alors qu'il est sur le chemin du retour, à deux doigts de prouver que le voyage interstellaire est possible, un couple de savants, Peter et Ada, perd le contrôle de son appareil et s'écrase sur Vénus, un "monde mystérieux défiant à jamais les télescopes des fils de la Terre" et qui inspire à Vargo Statten de sirupeuses descriptions - "Vénus, timidement voilée par les brumes, cachant sa surface énigmatique derrière des immenses draperies de longs brouillards opaques." Heureusement, les vénusiens, sympathiques créatures à fourrure, réparent le vaisseau et, avant de le renvoyer chez lui, en sauvent les passagers en greffant leur cœur et leur cerveau, seuls organes épargnés par l'accident, dans des corps synthétiques.

Pendant ce temps-là, sur Terre, le docteur Latham fait la démonstration de sa formidable invention, le cerveau électronique. La machine est soumise à une sérieuse batterie de tests, de calculs, de problèmes et, quand l'une des personnes présentes l'interroge sur le concept de temps, celle-ci se met à réfléchir, longuement, très longuement, à tel point que la réponse est remise au lendemain, jour du retour de Peter et Ada...
 
Quand le vaisseau se pose, personne n'est là pour l'accueillir. Déjà, en approche, pas le moindre signal radio. Et pour cause, comme les savants s'en rendent bientôt compte, la planète est pétrifiée. Le cerveau électronique, comme en réponse à la question "qu'est-ce que le temps ?", a figé toutes les horloges ainsi que le globe et ses habitants. Peter et Ada sont maintenant les seuls êtres vivants à la surface de la Terre.

Si, en règle générale, les titres de cette collection se cantonnent à leur dimension romanesque et en décollent rarement, en voici un qui, même s'il ne la pousse pas très loin, a le mérite de proposer une piste de réflexion en parallèle d'une intrigue correctement ficelée. Qu'est-ce que le temps ? Quelle est sa nature et quelle est son empreinte ? Comment le perçoit-on et comment le mesure-t-on ? Nos héros, afin de trouver une solution, doivent d'abord cerner le problème et tentent donc de comprendre le phénomène. Bien que moyennement cohérente, l'idée est intéressante et elle trouve sa chute dans un final pour le moins inattendu.





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FNA n°14

samedi 8 octobre 2022

Vargo Statten - Le Maître de Saturne

Vargo Statten 

Le Maître de Saturne 

Ed. Fleuve Noir 


Vargo Statten Le Maître de Saturne Fleuve Noir anticipation
Dick Blake est un héros déclaré mort en mission. Pourtant, parti cinq ans plus tôt, il revient, seul survivant d'un voyage périlleux sur Pluton. Plus personne ne l'attend, pas même sa fiancée, May Standish, consolée dans les bras de son meilleur ami, Mark Branscombe, devenu un des grands dirigeants de la planète. Mais le pilote n'est pas rentré les mains vides, il a en sa possession la formule du miranium, un nouveau métal qui résiste à tous les explosifs, à tous les acides, à toutes les formes d'érosion, et qui possède la beauté, la fluidité et le lustre des meilleurs satins. De quoi faire sa fortune... ou plutôt celle de Mark qui compte bien s'en emparer.

Mark Branscombe est un méchant comme on les aime. Il est ambitieux, égoïste, vénal, n'a aucun scrupule, pas peur de se salir les mains et il ose même gifler May. Il faut dire qu'elle est à gifler : qu'elle n'attende pas Dick Blake, passé pour mort, soit ; qu'elle déclare à ce dernier qu'elle préfère rester avec Mark qui lui assure un avenir confortable, soit ; Mais qu'elle retourne sa veste quand finalement elle réalise que la fortune de Dick est faite ! Il faut dire que Dick aussi est à gifler : naïf, béat, crédule et mou. Ces deux-là vont finalement bien ensemble. Et c'est un plaisir d'assister aux mauvais tours que leur joue Mark.
"- Sacrénom ! fit-il sombrement. Cette fois je suis sûr de ne pas me tromper, notre moteur a des ratés !"
Malheureusement, la tournure des évènements finit par nous rappeler que l'auteur s'évertue à toujours dégainer la carte du happy end, après avoir ici joué celle de l'invraisemblable : égarés dans l'espace, condamnés à dériver jusqu'à ce que mort s'ensuive à cause d'un habile sabotage, Dick et May sont finalement secourus par les habitants de Saturne. Nos héros découvrent à cette occasion que les saturniens sont les descendants des Atlantes et que, depuis leur exil, ils sont parvenus à maîtriser les dimensions, le temps, l'espace, l'énergie atomique, la télépathie et la vie perpétuelle. C'est sûr qu'avec l'aide de tels alliés, le petit couple avait tous les atouts pour gagner la partie.






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FNA n°12

mardi 4 octobre 2022

Vargo Statten - Les Fabricants de Soleil

Vargo Statten 

Les Fabricants de Soleil 

Ed. Fleuve Noir 


Vargo Statten Les Fabricants de Soleil Fleuve Noir anticipation
Le nouveau planétarium de Londres est magnifique, il faut le reconnaître. Toutefois, il lui manque une chose pour être parfait : un soleil digne des incroyables planètes dont il est le centre de gravitation. Pour combler cette lacune, la direction fait appel à deux scientifiques de renom, Newton Dane et Scott Armstrong, auxquels elle passe commande d'un soleil atomique ! 

Mais les expériences des deux hommes tournent au drame. Londres est rasée et, à l'emplacement du planétarium, seuls subsistent les résidus d'un dangereux soleil dont on ne sait quoi faire. 

C'est Jerry Marshall qui est choisi pour solutionner le problème, un savant aux compétences éprouvées, ancien navigateur spatial, courageux et admirablement qualifié pour ce genre de travail. Malgré ses atouts et l'aide de Madge Tinsley, secrétaire reporter choisie par les savants et la presse mondiale, la solution sera pire que le problème : des paysages entiers qui changent de place - les océans aussi - et des milliers de morts. Mais, surtout, une ouverture sur une nouvelle dimension dont les ambassadeurs sont hostiles…

Heureusement que les scientifiques de notre monde ne ressemblent pas à ceux de ce roman ! Vargo Statten laisse librement agir les savants fous qui peuplent ses pages et comble sans doute une grande frustration en mettant à leur disposition d'énormes crédits, en accédant à toutes leurs demandes et en leur offrant les pleins pouvoirs. Autant dire que son livre, plutôt plaisant et assez débridé, cherche plus à divertir qu'à coller à une quelconque réalité scientifique… Ce qui n'a pas été pour me déplaire… 






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FNA n°9

mercredi 3 juin 2020

Vargo Statten - Hommes en double

Vargo Statten Hommes en double Fleuve noir
Vargo Statten 

Hommes en double 

Ed. Fleuve Noir 


Harvey est « un paresseux qui ne se recommande par rien d'autre que par son compte en banque ». C’est en ces termes peu flatteurs que le décrit la jeune femme qui vient de rompre leurs fiançailles. Celle-ci accepte toutefois de reconsidérer la question si le noceur s’éloigne des mondanités pour se pencher sur les sciences. Harvey a beau demander conseil à Peters, son majordome dévoué et plein de bon sens, la situation semble insoluble. C’était toutefois sans compter sur l’apparition d'un parfait sosie d'Harvey, scientifique de génie et bizarrement très à cheval sur son anonymat. Les deux hommes passent un pacte : ils se mettent d'accord pour ne jamais apparaître ensemble, pour qu'Harvey finance les recherches du sosie et qu'en échange le travail de celui-ci lui soit attribué.

Après quelques quiproquos et malentendus, les deux hommes s'installent sous le même toit. Le mystérieux sosie, d'abord très intrigant, devient assez inquiétant, voire envahissant, et prend de plus en plus de place et d'initiative. Le roman, qui s'ouvrait alors comme une étrange variation vaudevillesque, tourne au huis-clos oppressant. Et si ce n'est sa chute bouclée - pour ne pas dire bâclée - en quelques pages, ce livre de Vargo Statten est plutôt un bon cru. Il met en scène de bons personnages (masculins uniquement, le roman ne brille pas par son féminisme), à commencer par le majordome, Peters, et offre surtout une histoire et un ton bien différents de ce à quoi les FNA avaient habitué leurs lecteurs, plus léger, proche de la comédie et fonctionnant sur des ressorts humoristiques. Voilà qui change et ne fait pas de mal.




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FNA n°63